Élections Municipales : Notre rencontre avec Michel Chapuis (Le Puy-en-Velay)

Comme annoncé, nous débutons la publication des comptes-rendus de nos rencontres avec les candidats. On commence par Michel Chapuis, maire sortant de la plus grande commune du cœur de l’agglomération : Ville du Puy-en-Velay .

Nous nous doutions que ce ne serait pas facile… Mais cette entrevue* a eu le mérite d’une grande clarté : si vous souhaitez une ville enfin cyclable et apaisée, la dynamique ne viendra malheureusement pas de l’équipe actuelle.

Voici les principaux points évoqués, qui illustrent un refus assumé de développer les mobilités actives :

🚗 Le dogme du « tout-voiture » et l’étiquette d' »ayatollahs »

Pour l’équipe municipale, la place de la voiture est strictement « non négociable ». L’argument avancé ? Y toucher serait un sujet « meurtrier pour les élus » (comprenez : cela pourrait leur coûter des voix). D’ailleurs, lorsque nous demandons l’adoption d’une vraie politique des mobilités actives pour la sécurité de tous et tout simplement le respect de la loi (qui oblige à créer des aménagements), nous sommes qualifiés d' »ayatollahs verts » (merci pour la référence, surtout en ce moment…). M. Chapuis, manifestement très confiant dans son électorat, a eu le mérite de la franchise : il ne fera aucun aménagement vélo. Concrètement, la ville à 30 km/h, comme à Annecy, la mesure la plus facile à mettre en oeuvre dans notre charte, très clairement, c’est « niet » !

❌ Le rejet de l’expertise d’usage et le fiasco de la Via Dolaizon

Le schéma directeur vélo adopté en 2021 par l’Agglomération et dont nous vous avions déjà parlé ? Il ne compte pour rien : « Je n’étais pas là », a balayé le maire. Sur un certain nombre de proposition d’aménagments, on nous oppose que nous (La Puycyclette) ne connaîtrions pas les « réalités techniques ». Nous ne faisons pourtant que transmettre des recommandations établies par des organismes d’Etat comme le CEREMA. Pourquoi ces recommandations ne pourraient elles pas s’appliquer au Puy ?

Quant à notre demande d’être consultés en amont des chantiers pour éviter certaines aberrations routières, c’est le silence radio.

L’exemple le plus flagrant est le chantier actuel de la Via Dolaizon. Si le maire s’en dédouane (« C’est pas terrible mais c’est pas nous, c’est la Région »), ces travaux se déroulent bien sur notre commune ! Les premiers aménagements, prévoyant des doubles voies cyclables tracées directement sur les trottoirs au milieu des piétons, sont une hérésie absolue. Les recommandations du CEREMA sont pourtant formelles : il faut séparer les flux pour garantir la sécurité. Peindre un vélo sur un trottoir n’est pas une politique cyclable, c’est organiser le conflit d’usage et la mise en danger.

⚠️ Un mépris déconcertant pour les usagers vulnérables

Évoquant le développement des mobilités familiales, le maire a déclaré : « Ces femmes qui circulent sur leurs gros vélos avec un enfant devant, un enfant derrière… Moi, je trouve qu’elles sont quand même inconscientes ! » Notre réponse, appuyée par le plaidoyer de la FUB, est inébranlable : non, ces mères de famille ne sont pas inconscientes. Elles choisissent un mode de transport économique et efficace. Ce qui relève de l’inconscience, c’est de refuser de sécuriser leurs trajets en les jetant dans la circulation motorisée.

🌍 Et la voiture électrique dans tout ça ?

M. Chapuis semble suggérer que la solution aux défis actuels viendra de la voiture électrique. C’est ignorer la réalité de nombreux habitants : son coût est prohibitif. De plus, une voiture électrique prend autant de place qu’une voiture thermique et ne résout en rien l’occupation de l’espace public urbain. Face au coût croissant de l’énergie, au changement climatique et aux enjeux de santé publique (sédentarité, pollution), refuser de développer les mobilités actives constitue une véritable perte de chance pour les citoyens. Être à la hauteur des enjeux, c’est offrir de véritables alternatives à la voiture individuelle, quelle que soit sa motorisation.

Au-delà de nos divergences d’opinion sur la politique à adopter en matière de mobilité au Puy (chacun peut avoir la sienne), nous sommes choqués lorsqu’il nous indique qu’il serait « le plus heureux des hommes » s’il pouvait construire une piste cyclable sur le faubourg Saint Jean ou le boulevard de la République… Mais qu’il ne le fera pas car une telle décision lui coûterait son poste.

Monsieur Chapuis, voilà la question que nous aimerions vous poser ici : quel est votre “cap” ? La réélection ou l’intérêt, la santé et la sécurité de vos concitoyens ?

La Puycyclette continuera de défendre l’application stricte des règles du CEREMA pour pacifier nos rues. 🚲

* Cette entrevue s’est déroulée très officiellement au local de campagne de la liste « Bon cap, énergies nouvelles » en présence de Mr Chapuis, son conseiller Mr Chataing et quatre membres de la Puycyclette.

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